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Séance n°16

Jeu n°1 —

Un lancé de trois dés du set Heroes des Story Cubes.

Tirage du set Heroes des Story Cubes du 23/03/23Tirage du set Heroes des Story Cubes du 23/03/23

Les textes :

Marcus est dans le bus, direction l’Oregon. Cela fait 6 heures qu’il roule. À la vue des sapins vertigineux de l’autre côté de la vitre, il se dit qu’il ne devrait plus être loin.

Hier soir, le débat avait été houleux, comme d’habitude. Il l’avait emmené afin qu’il écoute le détail de l’enquête. Duc le général et Lucia sa sergente avaient vivement montrés leur désapprobation quant à sa présence. Mais Bastien, pour la énième fois, leur avait rappelé que son aide avait été indéniable dans la réussite des précédentes enquêtes classées « surnaturelles ».

Donc Marcus est dans ce bus, à se remémorer cet entretien déplaisant et les images barbares de la scène de crime qui s’en suivaient. C’était bien la première fois qu’ils se retrouvaient face à tant de sauvagerie.

Le corps avait été retrouvé « râpé » dans une assiette –en tout cas ça y ressemblait– de plus de 2 mètres de diamètre, en pleine forêt. Nul besoin de chercher l’arme du crime. Elle se trouvait non loin des restes du corps : une gigantesque rappe sur laquelle quelques morceaux de chairs subsistaient.

Alors voilà, Marcus est dans le bus, à la recherche du dernier Troll qui aurait oublié son goûter.

Timothy


Je suis super content ! Aujourd’hui, c’est la finale ! Je dois rejoindre mes copains dans le bus dans 10 minutes. Vite, mes crampons ! Mes protège-tibias ! Je vais essayer de marquer cette fois-ci. Peut-être que papa sera enfin fier de moi. Il n’est jamais venu me voir jusque-là. J’ai peur, mais je vais lui montrer de quoi je suis capable.

— Maman, c’est l’heure, je pars !

C’est génial ! J’adore l’ambiance dans le bus. Allez l’OM ! On chante à tue-tête. C’est la fête ! Je les observe tous, ces mangeurs de pizzas endiablés en train de crier et de rire. Tous les bras sont en l’air. Moi je ne peux pas, mais ce n’est pas grave. Je suis porté par cette frénésie. Pour une fois, aurais-je trouvé ma place ?

Coup de sifflet. C’est parti ! Mon père est là dans les gradins. Il me regarde à moitié, les yeux, la plupart du temps rivés sur son téléphone. Je vais lui montrer ! Je m’élance alors vers les cages, soulevé par cette rage folle. Une colère exorcisée. Une énergie solaire. Le cœur porté par cette envie démembrée avec mes bras amputés.

Carine V.


Dernière folie du multimilliardaire geek sud-africain : révolutionner technologiquement le monde du sport. Sa première victime fut la réinvention du football. Outre des règles compliquées faisant appel à des coches bleues payantes pour favoriser tel ou tel joueur, le cœur de l’innovation tenait dans son ballon. Il s’agissait d’un drone sphérique piloté par quatre cerveaux de souris interconnectés, et entrainés à reconnaitre dans les filets des buts des râpes à fromage géantes.

Le match inaugural fut un fiasco. Les joueurs subirent une telle pression à tenter de comprendre quoi faire que, finalement après à peine une douzaine de minutes de chaos total, ils s’engouffrèrent dans leur bus, le firent traverser le terrain –écrasant au passage le ballon drone– avant de s’enfuir et changer complètement de carrière sportive.

Vincent Corlaix


Jeu n°2 —

Décrire ou raconter une histoire inspirée par l’image ci-dessous. Mais en y ajoutant un élément qui n’apparait pas sur la photo.

Source : Vincent CorlaixSource : Vincent Corlaix

Les textes :

Le choc intergalactique avait été rude. Marcus s’était retrouvé dans une salle obscure. Il y avait des objets égrainés de toute part. Il ne savait pas trop quoi en faire. Un grand cube jaune attirait principalement son attention. Le toucher était lisse et doux. Il était assez lourd, il fallait le porter à deux mains. Il y avait des petits carrés en relief qui pointaient le bout de leur nez. Des symboles étaient dessinés sur leur surface. Il avait peur d’appuyer sur l’un d’eux. Il le retournait dans tous les sens, mais des fils étaient solidaires de l’objet. À quoi cela pouvait-il bien servir ? Le rectangle en bas l’effrayait particulièrement. Peut-être est-ce que tout allait exploser ? Il n’y avait pas d’odeur. Il fallait faire preuve de courage. Il posa donc doucement son doigt sur le premier carré en haut à gauche qui avait l’air de représenter un bonhomme. Peut-être qu’un robot allait s’échapper de là. Un compatriote ? Non ! Il allait appuyer sur le gros carré à droite quand retentit un cri strident. Comme sorti d’un autre temps. Un temps où les gens n’avaient pas de puces dans le cerveau et ne connaissaient pas la téléportation. Un temps où les gens se parlaient avec des sons. Un temps où les gens utilisaient des fax pour s’écrire. Un temps où les gens avaient le temps.

Carine V.


Était-ce un bizutage ? Une blague corpo qu’il ne peut comprendre, lui, le nouvel employé de frais ? Que lui a-t-on demandé, comme première mission, déjà ?

— Va au 7e sous-sol, dans les archives 17B–αX. Là-bas, tu te connectes au terminal et tu récupères les bilans comptables des exercices 1965–1985.

Jean-Eude s’est perdu un nombre de fois qu’on peut écrire avec une décimale dans les méandres de cet immense bâtiment qu’il découvrait. Oh, il a bien croisé quelques bonnes âmes qui ont tenté de l’aider, un sourire contrit aux lèvres. Mais souvent, on lui a donné des directions contradictoires.

Des heures plus tard, il se trouve enfin devant la porte 17B–αX. Elle s’ouvre sur un innommable capharnaüm au centre duquel trône un mythique Minitel, à l’écran poussiéreux et à la coque de plastique couleur dents de fumeur.

Jean-Eude allume l’appareil, patiente, entre son code d’accès, patiente, tape laborieusement sa requête, patiente longuement, puis note consciencieusement les données demandées.

Soulagé, il soupire longuement, puis éteint l’antique appareil. Il se rend compte alors qu’il est affamé et passablement assoiffé. Et, surtout, il n’a pas le moindre début d’idée du chemin à emprunter pour retourner à son point de départ.

Puis, les yeux s’habituant à la pénombre du lieu, il scrute par curiosité ce que contient l’arrière du débarras ; une demi-douzaine de momies desséchées, toutes vêtues d’un costume trois-pièces et portant un badge de l’entreprise.

Vincent Corlaix


Jeu n°3 —

Regardez votre voisin de droite. Maintenant, racontez-nous son identité et activité secrète de super-héro !

Les textes :

À propos de Timothy…

Rapide comme l’éclair, plus vif que le tonnerre, Timot se transformait la nuit pour galoper dans les airs. Il hennissait si fort qu’il faisait trembler les montagnes. Sa crinière dorée se dégageait de sa croupe. Ses sabots tapaient les airs légers. Il était libre ! Il allait partout traversant monts et vallées, jamais posé, toujours porté par sa curiosité et sa soif de surprise. Sa robe d’un blanc laiteux scintillait sous l’éclat de la lune. Les yeux pétillants de malice, il allait jouer avec les animaux nocturnes.

Le jour il gardait pour lui son panache. Il revêtait des habits de banquiers. Il ne pouvait pas mieux se fondre dans la masse. Mais j’aurais dû m’en douter à son regard effrayé sur les mors de ma robe. Il avait déjà hâte d’être à ce soir pour libérer ses chaînes et s’envoler.

Carine V.


À propos de Carine…

Fringuante et pimpante, on la retrouve régulièrement dans son repère, une façade sous l’aspect d’une petite librairie salon de thé. Elle y sirote des thés parfumés en compagnie d’un petit club d’écriture.

S’ils savaient…

Sous prétexte d’histoires abracadabrantes, mettant régulièrement son personnage récurrent dans des situations dramatiques, elle enquête.

Suivant sa pensée labyrinthique, elle brode plan sur plan, en palimpseste de courts textes drolatiques.

Mais, une fois ses repérages faits, les connexions établies, les preuves dévoilées, elle peut mettre un visage sur le nom de code : « Christian ».

Elle n’a plus qu’à revêtir son costume de justicière de la nuit, à l’écusson bien visible, quoiqu’un peu étrange, en forme de mors équestre.

Et, bravant ennemis, pièges et intempéries, elle part neutraliser sa proie, pour ensuite revenir tout sourire, la semaine suivante, siroter un thé en écoutant les autres la chambrer d’avoir encore tué Christian.

S’ils savaient…

Vincent Corlaix

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