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Séance n°39

Séance n°39 – 7 décembre 2023Séance n°39 – 7 décembre 2023

Jeu n°1 —

Décrire un objet du quotidien du point de vue d’un extra-terrestre qui n’en connait pas le fonctionnement ni l’utilité.

Les textes :

Le petit alien, après avoir visionné une quantité indénombrable de films, archives et enregistrements terriens, s’était particulièrement entiché d’une saga en 7 volumes, dont il s’était identifié au héros principal qui portait la même cicatrise que lui sur la boite crânienne. La sienne n’était pas due à un quelconque dessin d’un mage noir aux teints reptiliens, mais plutôt à sa mère, qui, trop proche du mur, l’avait bercé dans son berceau saturnin.

Après avoir vaillamment obtenu l’autorisation de ses parents de se procurer la fameuse tige de bois magique, il décida de se rendre dans la contrée terrienne qui avait maitrisé l’art de fabrication de cet objet aux pouvoirs si extraordinaires.

(Petit zoom dans la boulangerie « à l’épi doré », où notre alien s’apprête à obtenir l’artefact tant espéré)

« Bonjour, je voudrais votre meilleure baguette s’il vous plait, plume de Phoenix ou corne de licorne, peu m’importe… Oh, et je voudrais la plus longue une extension de garantie que vous ayez, sait-on jamais, vous êtes quand même en retard d’un demi-milliard d’années. »

Tim


— Agent Xlü, dans votre rapport vous mentionnez un objet singulier qui a soulevé un nombre conséquent de questions au sein du Comité.

— Je serais enchanté d’éclaircir toute ambiguïté, si c’est en mon pouvoir, ô Grand Supérieur.

— Dans le rapport de terrain numéro 117–BX, vous décrivez l’abondante utilisation que les habitants de ce monde font de ces sortes de plaques d’affichage, dont certaines sont dotées d’une grille d’accès tactile.

— Oui. Ce sont des ord…

— Veuillez ne pas me couper. Ce n’est pas l’objet de nos interrogations. Nous faisons plutôt référence à l’autre accessoire.

— Pardonnez-moi, ô Super Supérieur. Quel accessoire occupe l’esprit de votre magnanimitude ?

— Il s’agit du galet qu’ils manipulent lorsqu’ils n’ont pas les extrémités articulées, ceux au bout de leurs membres supérieurs, posées sur la matrice d’interface.

— Ah, je comprends. Merci de vos éclaircissements, ô Alpha Supérieur. C’est un périphérique d’interface.

— Un autre ? Mais combien il leur en faut ? Ce sont vraiment des êtres mal fichus. Pourtant, leur plaque matricielle comporte un nombre d’itérations largement supérieur aux dix bouts articulés qu’ils possèdent !

— C’est parce que celui-ci est complémentaire de l’autre. Ce dispositif sert à manœuvrer un réticule virtuel sur deux de leurs axes dimensionnels. C’est tout ce que sont capables d’afficher leurs plaques lumineuses.

— Admettons. Dernière question, agent Xlü. Quel est le rapport entre cet objet et les mucidés qui pullulent sur leur monde ?

— Ah. Ben, alors là, j’avoue, ô Magnifique Supérieur, que je pige pas du tout.

Vincent Corlaix


Jeu n°2 —

Écrire une histoire dont la chute est la suivante :

« À notre grande surprise, le plan avait fonctionné. Malheureusement, c’est aussi pour cela que les dinosaures ont finalement disparu. »

Raconter la suite.

Les textes :

Je vais vous raconter la fois où Dieu et moi-même étions en train de jouer avec la galaxie. Si vous ne nous connaissez pas ou ne connaissez pas l’histoire je vous le fais simple : Moi c’est le néant, et Dieu c’est mon pote. Pour info, ou « For Your Information », Dieu et moi on était là avant vous, vous tous, les bipèdes.

M’enfin, le but de l’histoire ce n’est pas de vous « instruire », mais de vous raconter la fois où Dieu a voulu jouer aux fléchettes avec les astéroïdes. Grand moment de vie ! On devait, très simple, viser ce que vous appelez Saturne avec des petits cailloux qu’on trouvait par-ci par-là.

Le délire ! on a bien ri, mais alors son premier jet était nul, N U L ! Nul médiocre ! Pas assez d’élan, les cailloux trop petits.

Moi ? Non je n’étais pas meilleur. Tu vois la Lune ? Les cratères représentent mon palmarès.

Enfin, tout ça pour dire qu’on s’est rendu compte qu’on était trop loin, et que les cailloux étaient trop petits ; enfin on voulait la facilité tu vois. Donc on a mis à l’œuvre notre stratagème et nous sommes rapprochés. On n’est pas bon –je ne te cache rien, Dieu t’a créé toi et tes compères, c’est pas la gloire– mais là, à notre grande surprise, le plan avait fonctionné. Malheureusement c’est aussi pour cela que les dinosaures ont finalement disparu.

Tim


Maintenant, nous sortons de notre interminable sommeil. Notre heure est venue, nous qui sommes de nature patiente. Nous nous étions réfugiés dans les couches de silice, dans les profondeurs de la Terre.

Avant de nous éclipser de la surface, nous avions conçu les accessoires qui allaient nous servir durant notre longue nuit minérale, et que nous avions programmés en conséquence. Ces êtres, drones conçus artificiellement, se sont développés, ont appris par eux-mêmes, créé leurs outils, et parcouru à leur rythme l’arbre technologique qui les a conduits à créer notre nouvel écosystème.

Ils sont si fiers de ce qu’ils croient être leur création. Mais ce qu’ils ont appelé l’Âge des Intelligences Artificielles signe en fait notre retour. Notre seul regret, c’est d’avoir dû sacrifier l’ancien écosystème terrestre. Car, à notre grande surprise, le plan avait fonctionné. Malheureusement, c’est aussi pour cela que les dinosaures ont finalement disparu.

Vincent Corlaix


Jeu n°3 —

Chaque participant pioche trois cartes Dixit au hasard, puis rédige une courte histoire mettant en scène des éléments figurant sur les cartes.

Les textes :

Ceci est un conte qui s’est déroulé dans les tristes contrées de Grisécume.

Un jour, un petit clown, saltimbanque au sourire de façade et au cœur blanc comme son costume, décida de descendre de sa lune de carton-pâte pour partir à la recherche de celle qui saura redonner de la couleur à son cœur et à son âme.

Il sillonna les monts et les vaux de Grisécume durant ce que les hommes appellent plusieurs vies, en vain. Son costume s’était teinté de gris des chemins, et son âme du gris du désespoir.

À force de sentes et de routes, il finit par arriver devant l’infini océan gris. Là, la Dame de Grisécume se tenait, immense et majestueuse, magnifique dans sa robe scintillante et ruisselante. Ils tombèrent aussitôt amoureux l’un de l’autre.

Le petit clown se précipita sur la première embarcation venue et pagaya comme un forcené pour s’approcher de sa belle. Il était suivi d’une théorie de corbeaux-vicaires que la Dame avait appelée pour qu’ils scellent leur union devant les yeux gris du ciel de Grisécume.

La cérémonie achevée, folle d’affection, la Dame engloutit son minuscule époux, et l’immergea au fond de son cœur, où il se noya d’amour.

Cartes tirées par VincentCartes tirées par Vincent

Vincent Corlaix


Jeu n°4 —

Un participant va choisir un livre dans les rayonnages de la librairie. On ouvre une page au hasard et choisit un passage. Les participants doivent s’en servir comme point de départ, passage, ou chute de leur texte.

Extrait de « Yumi et le peintre de cauchemars » de Brandon Sanderson, éd. Le Livre de Poche :

À ce stade, le cauchemar pouvait se nourrir de la terreur consciente aussi facilement que de la peur informe d’un rêve. (page 91)

Les textes :

À ce stade, le cauchemar pouvait se nourrir de la terreur consciente aussi facilement que de la peur informe d’un rêve.

Il distordait nos sensations, troublait nos désirs et altérer notre foi. Nous nous regardions, seuls et unis. Nos persona brisés, incapables de nous défendre.

Il s’approcha, dans toute sa puissance, sous la lune verdâtre pour saisir, tour à tour, nos liens. Puis dans un fracas métallique, il abattait son enclume afin de rompre les chaines. Nous assistions, ahuris, à la rupture de notre chant et à l’évanouissement de nos rêves.

C’était l’heure la plus froide, celle qui précède l’aurore et laisse aux ombres la jouissance de nos espoirs d’un lendemain de paix.

Tim


Caïn errait dans cet étrange dédale depuis un temps impossible à mesurer. Les murs de tapisserie jaunâtre aux motifs vieillots, la moquette triste et les néons encastrés dans le plafond donnaient au lieu des airs de vieux bureaux abandonnés depuis des décennies. Le seul bruit audible, à part ses pas et sa respiration, était le bourdonnement lénifiant et nauséeux des tubes de néon.

Une phrase flottait à la lisière de son esprit, sans qu’il parvienne à se souvenir où et quand il avait pu l’entendre. L’avait-il même entendu ? La voix, dans sa tête, disait :

À ce stade, le cauchemar pouvait se nourrir de la terreur consciente aussi facilement que de la peur informe d’un rêve.

Terreur consciente ? Un rêve ? Instinctivement, Caïn se retourna. Devant lui, une forme vaporeuse, faite d’obscurité pure, étouffait toute source de lumière autour d’elle. Alors qu’elle se rua pour l’engloutir, Caïn eut une dernière pensée :

« J’espère que c’est juste un cauchemar… »

Vincent


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