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Séance n°43

Séance n°43 – 25 janvier 2024Séance n°43 – 25 janvier 2024

Jeu n°1 —

On compose un texte constitué de trois paragraphes. Les deux phrases qui articulent ces paragraphes sont données. Chacun écrit une première partie, puis donne, texte caché sa feuille à un autre participant. Sur celle qu’on a reçue, on écrit la deuxième partie, et on recommence les échanges, jusqu’à ce qu’on ait complété le troisième paragraphe. Les deux phrases en italique sont celles imposées pour cet exercice.

Les textes :

Il était arrivé en bas de l’immeuble, attendant les bras croisés, appuyé sur le mur. Il s’essayait au regard noir.

Des pas résonnèrent dans le hall. En sortit un grand gars métis, ensemble beige et T.N. Ses vanilles tombaient sur ses yeux.

— Alors, c’est toi, le F.D.P. ?

Il bégaya en acquiesçant. Le métis partit alors dans un laïus. Il buvait ses paroles.

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

Il enchaina, essayant de reprendre le dessus :

— Attendez la fin de cette discussion pour voir qui a raison, voulez-vous ? Qu’avez-vous à me proposer ?

L’homme ne perdit rien de sa stature, et répondit :

— Ce dont vous avez toujours rêvé, bien sûr.

Il resta interdit. L’autre continua :

— Je sais ce que vous recherchez, depuis des années : l’épée d’Arthur.

— Que m’en coûtera-t-il ?

— Pour une épée si puissante et célèbre ? Votre fortune. Rien de moins.

— Vous êtes fou !

— Mais pensez à tout ce qu’elle vous rapporterait… C’est un investissement.

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

Alors que le ciel s’assombrissait, et que les vagues emportaient peu à peu les derniers éclats d’espoir, il fit ce qu’aucune chimère n’avait jamais fait, car il était interdit d’invoquer Typhon, grande pourfendeuse armée de ses lames façonnées par le bleu des lagons et l’écume. Il utilisa toute son énergie vitale pour la faire apparaitre. Ainsi, le monde pourra peut-être survivre aux ténèbres. Sa magie s’évapora telle une poussière d’étoiles…

Texte composé par accident et par Clotilde, Marine et Noor.


Dans l’arène d’Esperia, de nombreux guerriers venaient s’essayer à croiser l’épée pour devenir des mages-chevaliers. C’était l’occasion de divertir la population et d’animer les cités désertes durant les hivers glacés.

Un guerrier entra dans l’arène, déterminé à affronter son adversaire ; un célèbre mage qui espérait devenir chevalier dans les rangs du roi Héryde.

Mais, tandis que le champion priait ses divinités avant le début du combat, son ennemi murmurait des incantations et jura que le monde cesserait d’exister après sa victoire. Il était reconnu pour sa force, son sérieux et sa capacité à prédire l’avenir.

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

— Tu restes ? Me serais-je trompé sur ton compte ? Es-tu prêt à affronter ton destin, à accepter ta place, à me vaincre pour l’obtenir ? Es-tu prêt à sacrifier ta vie ?

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

Son sang coulait contre son flanc, il sentait sa vie lui échapper. Il fallait réagir. Il décida de jouer son va-tout. Il prononça muettement l’incantation interdite.

Aussitôt, le paysage sembla basculer autour de lui. Ça avait marché ! Il gisait à terre. Devant lui, comme en miroir, son propre corps s’écroula, désormais blessé à mort. L’échange de corps avait fonctionné.

Il voulut en rire, mais un flot de sang jaillit de sa bouche. La douleur s’éveilla aussitôt, lui révélant la cruelle vérité : il avait, sans le savoir, déjà mortellement blessé son adversaire.

Texte composé par accident et par Noor, Victor-Pierre et Vincent.


— Tu viens jusqu’ici me défier, dans ma propre ville ? Tu sais très bien qu’il ne peut y avoir qu’un seul shérif ici. Tu n’as pas l’étoffe pour ça. Regarde-toi, avec ton vieux chapeau et ton poncho rapiécé. Tu devrais quitter la ville sur le champ ! Tu n’es qu’un pleutre, regardes comme tu trembles.

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

— Écoutez, monsieur. Je ne voulais pas perturber votre routine. Nous sommes dans un lieu public, et je ne pensais pas que cette place appartenait à quelqu’un.

Il prend son courage à deux mains face à cet homme rustre et froid, et lance sans ménagement :

— Allez vous faire foutre ! Qui va à la chasse perd sa place !

La colère de son adversaire monte, et dans un hurlement de loup enragé, il prononce ces mots :

— Alors, dans ce cas, je vous attaque en duel ! Une battle de nouvelles, celui qui aura la plus belle plume gagne cette place, et l’autre une humiliation éternelle.

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

Il décida de ne rien dire. Ils se regardèrent dans le blanc des yeux quelques secondes. Ils s’approchèrent, la tension montait.

Il lui asséna un crochet du droit avant de partir en courant. Hermès au vent.

Texte composé par accident et par Victor-Pierre, Roxanne et Clotilde.


L’inconnu se trouvait à l’endroit qu’il lui avait communiqué. Il n’avait jamais vu ce lieu, caché aux yeux de tous, loin des faubourgs les plus fréquentés. Il était prêt à régler ses comptes et exiger des réponses.

L’homme encapuchonné se retourna et l’invectiva :

— Alors, sûr de vous ? Tous les hommes de votre rang le sont. Mais je suis persuadé que c’est moi qui vais vous convaincre !

Il avait prononcé ceci avec une telle assurance…

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

Plongé dans des abîmes de réflexions psychologiques, il ne vit pas le coup venir. Son adversaire, qu’il croyait défait, remonta le bras en un éclair métallique, enfonçant une dague cruelle sous le défaut de sa cuirasse.

Il était perdu. À moins qu’il n’utilise son ultime atout : le sortilège interdit.

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

Le regard perdu dans le vide, ses pensées se mélangèrent dans sa tête. Son corps se mit à bouger seul, comme animé par une force intérieure. Sa main vint chercher son arme qu’il dégaina à la vitesse de l’éclair.

Le coup partit si vite ; un nuage de fumée et ce fut terminé. Son adversaire s’écroula dans le sable, devant le saloon.

Texte composé par accident et par Marine, Vincent et Victor-Pierre.


— C’est ma place ! dit-il d’un ton sec.

— Quoi ? répondit notre jeune héros qui écriait tranquillement à sa table.

Un serveur passant par là récupéra les tasses qui trainaient au bord.

— Oui, c’est ma place. Je m’installe ici tous les jeudis depuis vingt-quatre ans, cent dix-neuf jours et trente-huit heures… et quatre minutes ! Et vous, vous perturbez mon rituel !

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

Il sortit un canon à patate, prêt à défendre son honneur de tubercule. La carotte maléfique n’avait qu’une idée en tête : le transformer en purée.

Soudain, patatras ! La patate prit le pistolet poli, aux pouvoirs époustouflants ! Carotte n’était plus sûr de lui, le potager allait le juger. Patate, lui, inspira profondément avant d’envoyer sur son ennemi une montagne de flans fabuleusement flambés au firmament.

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

C’était tout ce qu’il avait toujours voulu. Il y avait dédié son temps et déjà beaucoup d’argent. Mais, si près du but, à l’annonce du prix exigé, en était-il toujours aussi sûr ? Lui, qui était certain, ne l’était plus. Son interlocuteur n’arrangea rien :

— J’ai d’autres acheteurs potentiels. Ne laissez pas passer cette chance.

À ce moment-là, il ne savait pas bien si c’était la raison ou la folie, mais il dit enfin :

— J’accepte.

— Parfait. Voilà un homme sage. Signez ici, elle est à vous.

Il signa les mains tremblantes, puis l’autre lui remit un long étui de velours jusqu’alors dissimulé. Il s’en saisit, les yeux brillants, de ceux qu’arborent les âmes perdues.

Texte composé par accident et par Roxanne, Noor et Marine.


Le choc des lames résonnait encore dans la vallée. Les deux armées agonisaient, mêlées sans plus de distinction d’uniformes ou d’oriflammes. Le prince dominait son adversaire, écroulé, épuisé et vaincu.

Reprenant son souffle, il toisa son vainqueur, et lui lança :

— Est-il vraiment triomphant, celui qui a sacrifié tous ses hommes à une victoire ?

Le discours de son adversaire l’avait ébranlé. Et s’il avait raison, finalement ? Pendant ce temps-là, son interlocuteur se préparait à ne pas se laisser faire.

Il essaya de ne pas rougir, sa diction étant si parfaite. Est-ce pour cela qu’il voulait lui donner raison ? Il fallait qu’il se reprenne. L’autre était à trois centimètres de son visage.

— Je… Arrête-toi, je ne veux pas te tabasser, t’inquiète.

Interloqué, l’autre s’arrêta.

— Quoi ? Mais qu’est-ce que tu fous là, alors ? Explique, et dépêche !

Le prix à payer était immense. Était-il prêt à tout sacrifier pour cela ? Il fallait qu’il prenne une décision.

— Je… je…

Les gens autour, attentifs à la scène, commencèrent à taper des pieds et des poings. S’il refusait, il était évident qu’il serait humilié à vie, d’office ! Il n’avait pas le choix.

— J’accepte !

Les deux zigotos assis se préparaient, stylos tendus. La tension était à son comble !

3… 2… 1…

Dans un fracas assourdissant, le sol se déroba sous leurs pieds à une vitesse affolante. Les deux débiles se retrouvèrent deux étages plus bas, entassés dans les décombres.

La foule riait !

— Excusez-moi, messieurs. J’ai un peu trop forcé sur la perceuse, avoua un moustachu.

Texte composé par accident et par Vincent, Clotilde et Vincent.


Jeu n°2 —

Fake News : Raconter un événement qui ne vous est jamais arrivé, mais de manière à ce que ce soit crédible.

Les textes :

Un jour qu’il était invité en dédicaces à la très regrettée Librairie de Provence, j’ai enfin eu l’occasion de rencontrer l’auteur Andreas Eschbach, que j’admire beaucoup.

Alors que je faisais la queue avec mon exemplaire des Milliards de Tapis de Cheveux sous le bras, je découvre enfin son visage. C’est un choc pour moi : il m’est familier ! Pendant le temps qu’il faut pour arriver jusqu’à sa table, je repasse dans ma tête tout les moments où j’aurai pu le rencontrer avant.

Quand j’arrive enfin devant lui, j’ouvre la bouche pour le saluer. Alors que nos regards se croisent, et avant que j’aie pu émettre le moindre son, il me demande :

— Mais… On ne s’est pas déjà rencontrés ?

Pendant les heures qui suivent, nous éplucherons mutuellement nos histoires respectives pour trouver un point commun, un moment d’intersection de nos destins. Et finalement, nous y parvenons : Andreas est un lointain cousin dont l’arrière-grand-père s’était égaré en Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale.

Je l’ai depuis recroisé aux Utopiales. Il m’avait oublié.

Vincent


Jeu n°3 —

Chaque participant pioche trois cartes Dixit au hasard, puis rédige une courte histoire mettant en scène des éléments figurant sur les cartes.

Les textes :

Je rêve… Je rêve d’aventure… D’aventure dans des contrées lointaines et fantastiques. Un soir de pleine lune, accoudée au rebord de ma fenêtre ouverte, je la regardais, flamboyante. Mon désir d’aller m’y percher était tellement puissant, qu’une vague d’énergie monta en moi. Elle grandit, grandit et comme une évidence je me sentit pousser des ailes. Elle me changea en un magnifique dragon, aussi lumineux que cette lune bien pleine. Je m’envolais et m’étais logé sur son dos. Elle me regarda d’un air bienveillant, comme si elle me comprenait, cette sensation de chaleur qui nous animait et nous rapprochait. Et comme deux grandes amies, je l’ai prise dans mes bras tendrement et l’ai emmenée avec moi encore plus haut, dans l’infini bleu marine, au-dessus des étoiles arborescentes. Quelques années plus tard, toujours perchées sur ma lune, les gens peuvent voir dans la nuit, des ailes se dessiner sur ma bonne amie. Quant à mon nom, il n’est plus qu’un lointain souvenir, comme un rêve.

Cartes tirées par Roxy DALCartes tirées par Roxy DAL

Roxy DAL


Le petit Luno faisait la fierté de sa famille d’adoption, des gremlisinges qui admiraient ses facultés de déduction et sa vive intelligence. Il était si doué qu’il parvint à obtenir son diplôme de mage en quelques années. Au point que, pour la cérémonie de remise des diplômes, il dut porter une fausse barbe pour ne pas se faire remarquer.

Las, il était également si ambitieux à brûler les étapes qu’il finit un jour par commettre une grave erreur. Un sort trop puissant, mal maitrisé, le catapulta hors de notre univers.

On ne le revit plus jamais.

Cartes tirées par VincentCartes tirées par Vincent

Vincent


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