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Séance n°22

Jeu n°1 —

On tire cinq cartes sujets (une par catégorie) et une carte de fin d’histoire du jeu « Il était une fois ». Ensuite, on écrit une courte histoire mettant en scène au moins trois de ces éléments et dont la fin est celle donné sur la carte.

Les textes :

Dans un royaume lointain, la nourriture commençait à manquer. Le peuple commençait à souffrir, les ventres à gronder. Les arbres ne donnaient plus de fruits, le blé ne poussait plus. Les enfants ne cessaient de pleurer, les mères n’avaient plus de lait. Les pères partaient des jours en forêt, mais revenaient attristés et désemparés.

Un jour, on retrouva le cuisinier du roi pendu à un arbre. Le roi promit alors de trouver une solution : il allait se sacrifier et donner sa vie à son ennemi du royaume voisin en échange de denrées assez suffisantes pour tenir quelques années. Mais les sujets refusèrent ce sacrifice. Un des leurs allait se déguiser pour passer pour le roi et donner sa vie pour sauver le royaume. Ce fut le frère du roi qui se présenta fier devant leur ennemi de toujours couvert d’un long manteau et d’un casque noir pour cacher l’infamie et la douleur. Il fut décapité. Le peuple réclama alors la tête de leur roi. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils la découvrirent pour l’enterrer. Ce n’était pas leur roi !

Ce dernier apparut et pour honore le geste de son frère déposa sa tête au pied d’un cerisier. L’arbre se mit immédiatement à fleurir. Le parfum des cerises embauma tout le royaume. Les sourires apparaissaient enfin sur le visage de tous. Le roi accorda ce qu’il avait promis et tous furent heureux.

Cartes tirées par CarineCartes tirées par Carine

Carine


Enfermé au château, le jeune prince passait ses journées de précepteur en précepteur sur les recommandations de la reine sa mère, qui le voulait prêt à prendre un jour la succession de son royal époux.

Se mourant d’ennui, il élabora un plan pour s’échapper et vivre une grande aventure épique. D’abord, il s’empara de l’épée royale, puis parvint, à la lueur de la pleine lune, à se faufiler hors de l’enceinte du château.

Il déambula ici et là dans le village endormi au pied de la bastide, puis il finit par se faufiler dans une chaumière où il se mit systématiquement à fracasser toutes les poteries en fouiner dans tous les coffres. Éveillé en sursaut, le maître de séant n’eut aucun mal à se saisir du marmot gesticulant et vagissant des cris inarticulés, pour le remettre aux autorités.

Conduit devant la reine, il dut écouter, tout penaud, le sermon royal. Néanmoins, à dater de ce jour, il écouta les conseils de sa mère.

Conseils auxquels elle ajouta, véhémente : « En plus, dans la légende, c’est pas un prince, mais une princesse. Et le gamin à l’épée, c’est juste un clodo habillé en vert. »

Cartes tirées par VincentCartes tirées par Vincent

Vincent Corlaix


Jeu n°2 —

On compose un texte constitué de trois paragraphes. Les deux phrases qui articulent ces paragraphes sont données. Chacun écrit une première partie, puis donne, texte caché sa feuille à un autre participant. Sur celle qu’on a reçu, on écrit la deuxième partie, et on recommence les échanges, jusqu’à ce qu’on ait complété le troisième paragraphe. Les deux phrases en italique sont celles imposées pour cet exercice.

Les textes :

C’est le début de l’été. Il avait hâte de rejoindre ses amis à la plage. Au programme : baignades, rigolades, peut-être même un peu de flirts. Et Marcus avait même promis de piquer la vapote de son grand-frère. Ils avaient tous hâte d’essayer ce truc trop classe. Enthousiaste, il marchait d’un pas rapide. La plage était enfin en vue.

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Personne de visible, mais une ambiance effrayante. Il scruta avec attention le feuillage, persuadé d’être surveillé. Tout son être en alerte, il s’approcha à pas de loup du bosquet en question.

Deux yeux jaunes s’ouvrirent devant lui. Un grognement sourd retentit. Le bruissement des arbres s’intensifia. Il arrêta sa progression et choisit la sagesse à la curiosité.

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Son bâton ! Seul son bâton pouvait l’aider à planter la pointe dans le cerveau de ses poursuivants. Il devait l’avoir laissé au début du sentier. Mais, pour y retourner, il fallait qu’il rebrousse chemin et traverse la horde.

Il ne parvint jamais au bout du sentier…

Vincent, Barbara & Carine


Dans une course effrénée, il avait retiré tous ses vêtements. Il avait l’intention, par ce geste, d’être le leader. Il leur montre la voie, et celle-ci sera dans la nudité la plus totale.

À mesure qu’il évite les arbres et survole les buissons, il s’était mis à crier et à vociférer des paroles inarticulées. Il continua de la sorte jusqu’au bout de la colline, terminant sa course sur un sentier boueux.

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Ses amis se tenaient là, devant lui, à quelques pas seulement. Mais quelque chose d’étrange leur était arrivé. Leurs peaux avaient fripé et pris une teinte bleuâtre. Le pire, c’était leurs yeux ; bleu givré strié de veinules noires. De tout leur corps émanait une vapeur glacée.
— Mince, dit-il tout haut. Ça fait comme dans Stranger Things !
— Mais non, couillon ! lui répondit Marcus d’une voix sépulcrale. C’est comme dans Game of Thrones !
— Ah. Oui.
Après un court silence géné, il se mit à hurler et détaler.

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Essoufflé et enfin seul, il s’appuya contre un tronc. Son corps glissa lentement le long de celui-ci, sa chemise s’accrochait sur l’écorce. Il s’assit, ferma les yeux et posa sa tête contre l’arbre. Son souffle était encore saccadé.

« Mais quel con ! » se disait-il. Il tâta une dernière fois sa poche. La clé n’était bel et bien plus là.

Timothy, Vincent & Clotilde


Dans leur groupe, ils avaient toujours été clairs. Leur goût pour l’aventure les avait déjà emmenés dans bien d’étranges situations, mais ils mettaient systématiquement un point d’honneur à préserver leur sécurité.

Aussi, quand l’un d’entre eux avait parlé de la vieille mine, tout le monde s’était préparé avec hâte et attention. Debout devant la vieille entrée obstruée par les gravats, c’est lui qui ouvrit la marche.

Sans se retourner, il continuait le chemin lorsque sa frontale s’éteignit. Bercé par les voix de ses camarades, au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Il ne s’attendait pas à en voir autant ! C’était une véritable foule qui l’avait suivi, à pas feutrés, rejoignant le groupe pour en faire une assemblée hétéroclite et joyeuse, témoignage de toutes les rencontres et événements de sa vie.

— Joyeux anniversaire ! — Ah, non ! J’avais dit que je ne voulais rien faire pour mon anniversaire ! Allez vous faire …!

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Il se figea, face aux vagues. Il réfléchissait à toute vitesse, tout en essayant de reprendre son souffle. Son maillot ! Il avait oublié son maillot de bain ! Il allait passer pour un imbécile auprès des autres, c’est sûr ! Le choix était binaire maintenant. Soit il se baignait en slip et c’était la te-hon devant les filles, soit il ne se baignait pas et il passerait pour une chochotte. Quelque chose d’autre le tracassait. Un autre oubli ? Mais quoi ?

Quand une main griffue se posa sur son épaule, il sut. Et il hurla…

Lou Brunel, Stéphane & Vincent


Le garçon avait ramassé un bâton. Le plus beau de la forêt ! Et, très fier, il le secouait autour de lui comme une épée avec laquelle il terrassait des monstres imaginaires alors qu’il s’avançait le long du sentier qui devait le ramener à la maison avec ses amis.

Cependant, un doute le tiraillait. Était-ce vraiment le bon chemin ? Était-il trop absorbé par ses rêves de chevalerie ? Le sentier s’achevait devant lui. Il ne reconnaissait rien du tout !

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Derrière lui, des ombres se dessinaient. Elles grandissaient, se rapprochaient, se rassemblaient en une même masse. Mais elles ne s’arrêtèrent pas. Il accéléra le pas, puis se mit à courir.

Ses mollets étaient tendus, son pied se coinça dans une racine, les mains dans la terre, il s’écrasa. Sans se retourner, il se releva et reprit sa course.

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Son précieux sac à dos ! Comment a-t-il pu oublier le dernier cadeau que ses parents lui avaient fait ?

À l’intérieur de son sac, il y a surtout son journal intime. Toutes ses pensées ainsi laissées entre les mains d’étranges créatures. C’est impensable.

Il choisit d’y retourner et d’affronter ces dernières.

Stéphane, Clotilde & Barbara


Une sonnerie stridente le réveilla. « 08h00 » affichait le réveil en chiffres lumineux. Il s’habilla chaudement, ravi de pouvoir enfin retrouver ses amis après ces années d’attente. Il chaussa ses baskets et sortit dans le petit matin.

Deux chemins s’offraient à lui. Il prit le plus court, celui qui traverse la forêt.

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Le brouillard, il n’y avait que le brouillard. Bien qu’il ait réussi à relancer sa lampe, celle-ci clignotait fébrilement. Ils auraient dû être là, pourtant… Ils avaient convenu de ne jamais se séparer… Et, surtout, jusqu’au moment où il s’était retourné, il avait entendu leurs voix… leurs souffles… Avait-il rêvé ?

Les poils de sa nuque se hérissèrent soudain. Les « voix » étaient revenues, mais elles ne ressemblaient en rien à celles de ses amis… À moins que… Des silhouettes sortirent de la brume. Rassuré, il voulut s’avancer, mais ce qu’il vit n’avait plus rien d’humain.

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Mais oui ! Sa virginité !

Mais… comment faire pour la retrouver ‽ C’est foutu, non ‽

Désœuvré et l’âme en peine, il sait qu’il doit faire demi-tour. Il doit accomplir l’impossible. Mais, pour cela, il doit d’abord retrouver ses amis.

Ainsi commence cette histoire.

Barbara, Lou Brunel & Timothy


Ils avaient décidé de se retrouver à la Sainte-Victoire pour faire une grande randonnée. Ils s’étaient, pour une fois, levés tôt et étaient partis en chantant sur le chemin. Les blagues valsaient, les rires fusaient. L’ambiance était à la fête.

Le plus jeune se mit à courir tout à coup pour atteindre le premier, le sommet de la montagne.

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

Sa belle-mère et son ex-beau-père. Plantés là, un panier de figues au bras. C’est un cauchemar. Il est en train de rêver, et il a hâte que ça se termine. Alors qu’il reste là, bouche bée, il ne pense pas à éviter le projectile.

« Mais, c’est quoi, ce délire ? »

Le vieux couple venait de lui jeter une figue au visage, puis une autre, puis une autre ! Vite, la situation devient critique, il faut partir, vite ! Et ce n’est pas qu’un jet, c’est une lapidation ! Il doit fuir !

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Sa belle-mère et son ex-beau-père. Plantés là, un panier de figues au bras. C’est un cauchemar. Il est en train de rêver, et il a hâte que ça se termine. Alors qu’il reste là, bouche bée, il ne pense pas à éviter le projectile.

« Mais, c’est quoi, ce délire ? »

Le vieux couple venait de lui jeter une figue au visage, puis une autre, puis une autre ! Vite, la situation devient critique, il faut partir, vite ! Et ce n’est pas qu’un jet, c’est une lapidation ! Il doit fuir !

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Carine, Timothy & Stéphane


Seul, essoufflé, les joues rougies et les mains tremblantes, il errait entre les pins et les chênes. Ses boucles brunes, mouillées de sueur, étaient collées à ses tempes.

Entre trois troncs, il vit un sentier. Les racines sortaient de la terre. Le chemin était difficile d’accès, mais l’emprunta.

Au bout du sentier, il se retourna. Il s’attendait à voir ses amis. Mais la surprise fut grande.

En bas du sentier, à la place de ses amis se trouvaient des êtres décharnés, éventrés et dégoulinants de sang et de viscères. Il devait rêver. Mais les cadavres se déplaçaient peu à peu vers lui, menaçants et proférant des cris gutturaux. Il devait fuir.

Il se mit alors à se précipiter vers la croix pour s’y cacher.

Après avoir couru pour leur échapper, il se dit qu’il les avait enfin semés. C’est alors qu’il prit conscience de ce qu’il avait oublié derrière lui.

Caché derrière une poutre à demi pourrie, il essayait de faire le moins de bruit possible. Ces choses… que pouvaient-elles être ? Où étaient ses amis ? Trop de questions. La tête lui tournait.

Sa lumière l’avait lâché, il était seul… Heureusement, prévoyant, il avait pensé à prendre sur lui quelques objets qui pourraient se révéler utiles. Que faire lorsqu’on est perdu ?

« Mais oui ! » Il porta la main à sa poche de veste. Et son sang se glaça. La boussole qui devait s’y trouver avait disparu…

Clotilde, Carine & Lou Brunel


Jeu n°3 —

(Par manque de temps) On tire 2 cartes d’un pack Dixit. On rédige ensuite une courte histoire mettant en scène des éléments figurant sur les cartes.

Les textes :

Sybille a toujours rêvé de fouleur la terre, la vie au fond de la mer lui semble bien terne. Cernée par le bleu de l’eau, elle voudrait voir plus de couleurs, de nuances, elle voudrait pouvoir danser, sauter et rire. Et Sybille rêve du grand amour, celui qu’on trouve dans toutes les histoires dont elle est bercée depuis son enfance.

Céleste a toujours voulu visiter les fonds marins, la vie sur terre est bien trop contraignante pour la jeune princesse, elle qui rêve de liberté et d’indépendance, elle doit sans cesse s’incliner devant le lourd protocole du palais.

Un matin, alors que Sybille, enfreignant l’unique règle de son père, crève la surface pour profiter des derniers rayons du soleil sur un rocher près de la plage, Céleste profite d’un rare moment de répit pour flâner sur la grève.

À la lueur d’une flamme, à la faveur d’une rencontre, les deux jeunes femmes décident d’échanger leur vie, le temps d’une bougie.

Cartes tirées par BarbaraCartes tirées par Barbara

Barbara


Elle se regardait dans le miroir nostalgique. Elle voyait la petite file qu’elle était et ce qu’elle était devenue. Elle se rappelait ce temps de son enfance où elle jouait au bord de l’eau et s’amusait à grimper en cachette dans les phares pour observer les bateaux qui partaient à l’aventure. Elle se regardait avec tendresse. Elle avait gardé son âme d’enfant. Elle était grande maintenant, mais elle continuait à rire et à s’amuser. Le jeu était l’orgue de sa vie. Elle était baignée de musique et de poésie. Elle vivait en chansons. Et elle observait alors avec force les traits sur son visage qui dessinait déjà les rides de joie. Elle était heureuse. Grâce à lui.

Cartes tirées par CarineCartes tirées par Carine

Carine


Les trois petites divinités voguaient sur un radeau perdu en mer. Ça avait été toute une aventure pour qu’elles échouent ainsi. Ah… Si seulement j’avais le temps de vous raconter cette histoire !

Bref. Vous les connaissez, ces petits dieux ; l’un est sourd comme une pierre, l’autre est aveugle comme une pierre, et le troisième se retient constamment d’éclater de rire.

Donc, naturellement, ces trois idiots n’ont rien vu venir, rien entendu grogner, ni même poussé un cri de surprise quand le cachalot géant les a avalés…

Cartes tirées par VincentCartes tirées par Vincent

Vincent Corlaix


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